Opérateur de paris sportifs, c’est un métier

Un observateur averti des paris sportifs nous a transmis deux exemples assez consternants de paris sportifs proposés par le PMU. Et qui soulèvent des questions sur la stratégie du PMU. Si l’opérateur hippique numéro 1 ne souhaite plus proposer de paris sportifs, alors il faut qu’il stoppe cette activité… qui aujourd’hui le discrédite.

« Je m’interroge sur les rapports proposés en cotes fixes sur pmu.fr. Voici deux exemples relativement récents. Ils concernent un match de foot qui a eu lieu le 27 mai, il s’agit d’un match de barrage de Ligue 1 Toulouse-Nantes. Exemple 1. A 2 heures du match, pmu.fr proposait les cotes suivantes pour les buteurs nantais.

Deux joueurs proposés à 5,4 (Bamba) et 5,8 (Merlin) qui, et on le savait depuis la veille, ne faisait pas partie du groupe nantais pour ce match. Le rapport proposé pour ces deux joueurs était assez proche des meilleurs buteurs de Nantes (Blas, Kolo Muani) qui eux étaient alignés dans le 11 de départ.



Exemple 2. A 2 heures du match, pmu.fr proposait les cotes suivantes pour le joueur nantais qui marquerait en premier. Le plus bas rapport proposé concerne un joueur qui n’a pas été aligné dans le 11 de départ depuis très longtemps (Renaud Emond). Et qui était sur le banc de touche pour ce match.

Ces deux cas ne sont pas rares. Est-ce une stratégie ? Une absence de compétences ? d’update ? Dans le cas présent, les rapports proposés pour Kolo Muani et Blas étaient super intéressants. Naturellement, ils ont marqué tous les deux… »

Flambée au PMU !

Une semaine de feu, avec, dimanche, une recette supérieure à 29 millions d’euros, supérieure à celle de la journée du Prix d’Amérique (28 millions d’euros pendant le confinement), avec une réunion à Chantilly (Jockey-Club) qui a généré à elle seule plus de 20 millions d’euros ! Depuis le début de l’année, jamais le PMU n’avait cumulé de tels enjeux un jeudi (24 millions d’euros) et un vendredi (25,5 millions). Sans compter l’un des meilleurs samedis avec 27,1 millions d’euros… avec moins de courses qu’en 2019.
Pourquoi une telle embellie ? Plusieurs raisons peuvent être avancées : tout d’abord, les turfistes avaient touché leur paie, facteur déterminant quand on analyse semaine après semaine les recettes du PMU.  L’opérateur peut désormais compter aussi sur une très grande partie de son réseau de vente physique, les bars pouvant accueillir à nouveau des consommateurs en terrasse. Il faut aussi ajouter que la tendance du PMU est à augmenter son offre, une bonne vieille recette qu’on croyait abandonnée : ainsi, dimanche, les turfistes ont pu miser sur 26 courses françaises et 16 étrangères, contre 20 en 7 en 2019. Mais il y aussi, et il faut le souligner, le bon travail d’optimisation du calendrier de la cellule trot-galop-PMU. Même s’il reste encore un peu de marge progression dans ce domaine, le repositionnement des courses a conduit à basculer beaucoup de nocturnes en semi-nocturnes, nettement plus porteuses. La réunion de samedi à Vichy avancée de quelques heures a ainsi permis à l’opérateur de doubler ses enjeux : de 2 à 4 millions d’euros !  Ce travail d’analyse a également fait émerger un constat : les programmes denses peuvent être encore « digérés » par les parieurs plus nombreux le week-end.
Enfin, il y a les GPI ou/et matelassiers, toujours aussi adroits, capables de miser des dizaines de milliers d’euros sur des chevaux avec un rapport minimum garanti par le PMU de 1,05 (cela gonfle le chiffre d’affaires mais impacte le résultat net). Cela a été encore le cas de nombreuses fois la semaine dernière, en Allemagne, aux Pays-Bas (un cheval à la cote de 400/1 a été payé comme le grandissime favori, 1,05 sur PMU.fr !) mais aussi en France.
Enfin, signalons le très bon score de la réunion de samedi Pontchâteau : 5 millions d’euros. Et la moyenne hebdomadaire des enjeux : près de 24 millions (un record).

Le syndicat hippique alerte les comités

Pierre Bellaïche, président du syndicat hippique, alerte les membres du comité de sociétés de courses et réagit à la publicité du PMU. Nous publions sa lettre dans ce blog, ouvert à tous, pour le nécessaire débat démocratique dont la filière ne peut s’exonérer.

Mesdames, Messieurs,
La réussite et la pérennité de la filière hippique constitue ce qui a pu guider toute ma carrière active au PMU (de 1964 à 2005) et sa continuation, en ma qualité de Président du Syndicat Hippique National.
L’inquiétude est aujourd’hui de mise lorsque l’on constate les errements qui la mettent en péril, concomitants à ceux de la direction générale du PMU désormais assurée par un ancien journaliste, commentateur sportif.
Ses compétences provoquent l’interrogation autant que le montant extraordinaire de sa rémunération (775 000 euros, prime incluse) ?
Son action fait l’objet de nombreuses critiques dont celle, clairvoyante, de M. Germond ancien PDG du PMU, lequel s’attache également à ladite pérennité de la filière.
Nous nous devons de nous interroger sur l’avenir du PMU lequel peut nécessairement passer par un changement radical de la politique menée et, partant, sur celui de l’équipe dirigeante (DGE et PDG) manifestement incompétente pour assurer le futur de notre entreprise.
L’on connaît les commentaires qui ont émaillé l’attribution d’une prime de 375 000 euros assise sur des résultats erronés, sans qu’il ne soit besoin ici d’insister.
La lettre de M. Germond (NDLR : publiée dans ce blog) mérite d’être lue avec attention.
Par ailleurs l’acceptation par C. LINETTE de la nouvelle publicité brouillonne (adressée dans un prochain envoi) sans aucun sens, laquelle au surplus dévalorise les parieurs, donne la mesure de son incompréhension radicale du métier que nous défendons.

La présente est adressée à tous les membres du comité qui ont le pouvoir de veiller à la bonne marche de l’entreprise en prenant toutes mesures qui s’imposent dans son intérêt.

Cordialement
Pierre Bellaiche
Chevalier de l’Ordre National du Mérite
Commandeur de l’Ordre National du Mérite Agricole



Pub du PMU : « Tous ensemble… sauf à l’arrivée »

 Un tube de la chanteuse Sheila de l’année 1964, une population qui la chante, un slogan incompréhensible qui donne une image médiocre de l’entreprise.
Tout se passe comme si nous étions dans un clip amateur qui par son caractère brouillon n’a absolument aucun impact.
On défie quiconque de comprendre le slogan final qui sonne comme un effacement des parieurs à l’arrivée de l’on ne sait quoi…
L’on n’ose imaginer le budget colossal dépensé pour cette ineptie mais on connaît l’habitude de la Direction Générale de jongler facilement avec des millions d’euros…
Pierre Bellaïche

PMU : Médiapart commente la lettre de Philippe Germond

Laurent Mauduit, qui avait déjà évoqué l’affaire du bonus touché par Cyril Linette en pleine tempête, en remet une couche dans Médiapart, en commentant la lettre envoyée par Philippe Germond aux administrateurs des sociétés de courses. Et il révèle l’existence d’un parachute doré en cas de départ du DG…

Le patron du PMU est sévèrement mis en cause par son prédécesseur

PAR LAURENT MAUDUIT

ARTICLE PUBLIÉ LE VENDREDI 4 JUIN 2021

Déjà au centre d’une polémique à cause de ses rémunérations pharaoniques, le PDG de l’entreprise, Cyril Linette, est mis en cause par l’un de ses prédécesseurs, Philippe Germond. Dans une lettre aux administrateurs, celui-ci pointe des «erreurs  stratégiques» et estime que les résultats du PMU sont calamiteux.
Dans le microcosme huppé des courses hippiques, où les mœurs sont policées et les éclats de voix rarissimes, c’est une initiative qui risque de faire du bruit. Dans un courriel confidentiel adressé à vingt-six personnalités qui dirigent France Galop et la Société d’encouragement à l’élevage du cheval français (la SECF, en charge des courses de trot), les deux principales entités qui supervisent le PMU, l’ancien président de l’entreprise, Philippe Germond, tire à boulets rouges sur son successeur, Cyril Linette.
Il lui reproche des « erreurs stratégiques majeures » et estime que « les paris hippiques perdent pied » face à l’un de ses concurrents directs, la Française des jeux (FDJ).
Ce mail, dont Mediapart a obtenu une copie et que l’on peut consulter ci-dessous (), risque de faire des vagues considérables dans le monde des courses. À cela, il y a une première raison qui tient à la violence du réquisitoire, très argumenté, dressé par Philippe Germond, qui a présidé l’entreprise de 2009 à 2014. Et puis, il y a aussi un second motif : cette affaire éclate alors que Cyril Linette vient tout juste d’être ébranlé par les révélations de Mediapart concernant le montant pharaonique des rémunérations qui lui sont versées, malgré les crises sanitaire et économique qui touchent la filière.
Sans doute Cyril Linette n’a-t-il à s’en prendre qu’à lui-même car, multipliant les entretiens dans la presse écrite et audiovisuelle (sur BFM Business ou dans Le Journal du dimanche), il n’a rien trouvé de mieux à faire, pour glorifier son bilan, que d’accabler ses prédécesseurs. Et c’est ce qui a fait sortir de sa réserve Philippe Germond, qui fut tour à tour PDG de SFR, directeur général d’Alcatel ou encore président du directoire d’Atos, avant de prendre les commandes du PMU. C’est du moins ce que ce dernier suggère en introduction de son message, faisant valoir qu’il est «aujourd’hui associé et actionnaire d’une banque d’affaires à Paris» – en l’occurrence, il s’agit de la banque Barber Hauler –, et assurant qu’il écrit ce texte «à titre personnel, sans ambition ni agenda caché». Juste pour «corriger les informations  erronées répandues régulièrement dans les médias», et agrémentées de «chiffres fantaisistes et la plupart du temps faux».
Les mots utilisés sont particulièrement sévères à l’égard de Cyril Linette, même si son nom n’est jamais cité – ce qui ne trompera pourtant personne car Philippe Germond dénonce ces entretiens donnés à des médias par son successeur. Et le message est fait pour faire le plus de vagues possible puisque les destinataires du courriel sont les principaux responsables des deux filières des courses de galop et de trot, qui supervisent le PMU. Dans le lot, il y a ainsi Édouard de Rothschild, président de France Galop (actionnaire à un peu plus de 5% de la banque homonyme et ex-propriétaire du journal Libération). Et il y a aussi Jean-Pierre Barjon, président du Trot.

Dans son courriel, l’ancien patron du PMU fait donc grief à son successeur d’énoncer une cascade de contre-vérités sur le passé de l’entreprise, pour enjoliver son propre bilan. Et puis, il en vient à l’essentiel:  «Il y a deux façons de mesurer la performance d’une entreprise: par rapport à sa propre performance lors des années précédentes et par rapport à ses concurrents.» Et à le lire, on comprend bien que c’est la seconde méthode qui est la plus pertinente car elle permet de prendre en compte les changements de conjoncture.
Philippe Germond s’applique alors à faire une comparaison entre les résultats du PMU et son principal rival dans le marché dérégulé des jeux en ligne, en l’occurrence la Française des jeux (FDJ).

« En 2020, constate ainsi Philippe Germond, le PMU s’est félicité de la forte croissance de ses paris hippiques en ligne: +30%. Mais cette performance n’a rien d’exceptionnel sur un marché des paris hippiques en ligne qui a crû de +33% (source ANJ) et où les concurrents hippiques du PMU ont progressé de 40%. Le PMU a perdu 1,6point de part de marché, passant de 73,3% en 2019 à 71,7% en 2020, alors qu’il aurait dû pleinement profiter du report des parieurs des points de vente vers Internet du fait de la fermeture de ces points de vente. Les concurrents comme ZEturf ont fait mieux que le PMU en 2020.»

Et l’ancien patron du PMU poursuit: «Mais la comparaison est encore plus implacable et inquiétante si on compare les résultats du 1ertrimestre 2021 des deux sociétés: la croissance de la FDJ (tous jeux confondus) au 1ertrimestre 2021 par rapport au 1er trimestre 2019 a été de +6% alors que sur la même période le PMU décroissait de -12%. Si on compare le 1ertrimestre 2021 à celui de 2020, la FDJ croît de +12% et le PMU décroît de -3,5%, soit plus de 15points de croissance de différence. Les paris sportifs de la FDJ en points de vente progressent au 1ertrimestre 2021 vs même période en 2020 de +40% et les paris hippiques du PMU en points de vente baissent de -18%. Les paris sportifs de la FDJ tous canaux confondus (points de vente + Internet) ont connu une croissance de +46% alors que les paris hippiques totaux du PMU étaient en baisse de -6,5%. Les paris sportifs de la FDJ ont ainsi surpassé les paris hippiques du PMU de plus de 50 points de croissance. À ce rythme-là, dans un peu plus d’un an, la FDJ prendra plus de mises sportives que le PMU de mises hippiques.»

C’est donc un véritable réquisitoire que l’ancien patron du PMU dresse de l’action de son successeur, réquisitoire qu’il résume en une phrase: «Le PMU et les paris hippiques perdent pied face à la Française des jeux et aux paris sportifs.» Il détaille ensuite les «erreurs stratégiques» de Cyril Linette – il en voit au moins trois principales – et donne son avis sur les solutions qu’il conviendrait de mettre en œuvre «afin de limiter cette descente inéluctable» et «réparer ce qui a été cassé».
De plus, Philippe Germond n’achève pas la comparaison entre le PMU et la FDJ: il ne met pas en regard les rémunérations des PDG des deux entreprises. Mais immanquablement, c’est à cela que penseront tous ceux qui s’intéressent au secteur économique des jeux en ligne. Car les rémunérations de Cyril Linette sont colossales tandis que celles de son homologue de la FDJ, Stéphane Pallez, dont les résultats sont donc bien meilleurs, sont inférieurs de près de moitié.

Mediapart a en effet révélé récemment les rémunérations perçues par Cyril Linette, qui étaient jusque-là secrètes bien que l’entreprise soit placée sous la double tutelle du ministère de l’agriculture et du ministère du budget, et bien que le numéro deux de la direction du budget, Alexandre Grosse (chef de service, adjoint de la directrice du budget) siège à son conseil d’administration aux côtés de trois autres hauts fonctionnaires.
Selon nos informations – que Cyril Linette a dû finalement confirmer – ce dernier dispose en effet d’une rémunération totale annuelle de 775000 euros (400000euros en fixe et 375000euros en variable). Et en cas de départ de l’entreprise (hors démission), il est assuré de percevoir un parachute doré (ou «golden parachute») à peine inférieur à 1million d’euros – 968 750 euros pour être précis.

Or les rémunérations de Stéphane Pallez sont beaucoup plus modestes. En 2020, la rémunération de celui-ci a atteint 320000euros en fixe, auxquels s’ajoutent 80000euros en variable, soit au total 400000 euros. Ce qui appelle deux remarques de bon sens. D’abord, tous ces chiffres de la FDJ sont publics, quand ceux du PMU sont secrets; par surcroît, la patronne de la FDJ est payée presque moitié moins que le patron du PMU, alors que la première entreprise a un poids économique autrement important que la seconde. Même si le «variable» de Stéphane Pallez doit augmenter dans les années à venir, la PDG de la FDJ, qui a un cursus beaucoup plus solide que son homologue, n’est pas près de rattraper sa rémunération.

La comparaison est même encore plus accablante parce que, le 30 avril 2020, à la faveur d’un

communiqué concernant la mise à disposition du document d’enregistrement universel de la FDJ, le

groupe a fait cette annonce: «Dans ce contexte [de la crise sanitaire], la société a également décidé

de reporter à 2021 la mise en place d’un plan d’intéressement à long terme destiné aux cadres

dirigeants du Groupe. Pour leur part, Stéphane Pallez, Présidente directrice générale, et Charles Lantieri, Directeur général délégué, ont proposé de diminuer d’un mois leur rémunération fixe annuelle, pour s’associer à l’action de solidarité à laquelle les collaborateurs de FDJ ont contribué en faisant don de plus de 1400 jours de congé au profit de l’alliance “Tous unis contre le virus” et d’associations soutenues par la Fondation d’entreprise FDJ.»

La véritable rémunération annuelle fixe de Stéphane Pallez a donc été diminuée de 26 666 euros, pour atteindre 293334 euros. Si l’on ajoute à cette somme un variable de 80 000euros, la rémunération globale, fixe et variable de la dirigeante de la FDJ a donc atteint un peu plus de 373000euros en 2020, à comparer aux 775000 euros pour Cyril Linette, dont le variable lui a été intégralement versé. Ce qui a suscité un vif émoi dans une entreprise qui traverse pourtant une passe difficile à cause de la crise sanitaire et supprime massivement des emplois, tandis que toute la filière a été très éprouvée par les confinements à répétition.

D’une crise à l’autre, c’est dire que le PMU s’enfonce dans les turbulences. Qu’en pensent les administrateurs qui représentent l’État? Le plus souvent dans la vie des affaires, ils ne soufflent mot et sont adeptes du laisser-faire. Sans doute est-ce ce qui se passe au PMU…
Laurent Mauduit



Philippe Germond vs Cyril Linette : la lettre

Tout les oppose. Dans une lettre à l’attention des membres des conseils d’administration des sociétés de course, Philippe Germond rectifie « les assertions mensongères ou tronquées » diffusées dans les médias sur le bilan du PMU. Il ne cite jamais le nom de Cyril Linette, mais c’est bien l’actuel directeur général qui est visé.
Les récentes interviews dans les médias de Cyril Linette ont irrité les anciens dirigeants du PMU, souvent mis en cause par leur gestion des années antérieures à 2018. Philippe Germond, aujourd’hui à la tête d’une banque d’affaires parisienne, a voulu livrer son analyse et pointer les erreurs stratégiques actuelles de l’opérateur de paris. Il propose même des solutions afin de « réparer ce qui a été cassé » pour ne pas compromettre l’avenir de la filière.
Avec la publication de cette lettre, chacun pourra se faire son opinion sur la stratégie du PMU. Pour notre part, si nous n’apprécions pas la dictature de Cyril Linette, son management par la terreur, sa propagande largement diffusée sans aucune contradiction, son interprétation tendancieuse des chiffres et de son bilan, son manque de culture hippique, son manque de respect des socioprofessionnels (ex : selon l’ancien journaliste reconverti en chef d’entreprise, Gérard Augustin-Normand n’avait aucune légitimité pour critiquer la publicité du PMU dans les colonnes de Paris-Turf en 2019, d’où la suspension quasi intégrale de la publicité dans le principal groupe de presse hippique !), son manque de morale (comment accepter un bonus de 375.000 euros ajouté à un salaire annuel de 400.000 euros quand une partie de ses salariés touche le chômage partiel et… des socioprofessionnels le fond ?), son nouveau et mauvais site internet, nous retiendrons quelques très bonnes initiatives, comme son écoute de ses plus fidèles clients (une base trop longtemps oubliée), la suppression d’irritants et sa sensibilisation à l’éparpillement des enjeux et à la diminution sensible des masses due à l’augmentation de l’offre (selon nous, Germond a tort de sous-estimer l’effet négatif sur les rapports avec des masses faibles. Celles-ci rendent les rapports incohérents et peuvent mêmes être dissuasives).
Mais l’objet de cette parution n’est pas de dire qui a raison de Linette ou de Germond, mais d’informer ceux qui s’intéressent aux différentes stratégies du PMU. Précisons que Philippe Germond n’a pas envoyé cette lettre à la presse mais à une vingtaine de destinataires, membres des Conseils d’administration. Certains d’entre eux ont évidemment largement partagé le contenu à leurs équipes… et à leurs contacts.
Sans l’accord de son auteur, nous publions cette lettre… tombée disons dans le domaine public.


Lettre aux Administrateurs de la SECF et de France Galop

Madame, Monsieur, chers Amis
J’ai quitté il y a maintenant sept ans le PMU, que j’ai eu l’honneur de diriger de 2009 à fin 2014. Cela a été une des plus belles périodes de ma vie professionnelle.
Grâce à une vision partagée avec Edouard de Rothschild et à son aide, le PMU a poursuivi durant cette période sa transformation et a atteint des résultats historiques.
J’en ai gardé un fort attachement et beaucoup de respect pour votre filière, ainsi que de nombreux amis.
C’est à titre personnel que je vous adresse ce message et il n’engage que moi.
J’ai un triple objectif : corriger les informations erronées répandues régulièrement dans les médias, partager quelques éléments d’analyse sur la situation actuelle et proposer quelques pistes pour le futur du PMU et de la filière hippique.
En préalable et pour dissiper tout malentendu, sachez que je suis aujourd’hui associé et actionnaire d’une banque d’affaires à Paris et si je m’adresse à vous c’est à titre personnel, sans ambition ni agenda caché.
Cela fait maintenant trois ans que la gestion des années antérieures à 2018 est systématiquement critiquée et stigmatisée lors d’interviews dans la presse ou à la radio (JDD, BFM, …) avec à l’appui des chiffres fantaisistes et la plupart du temps faux.
Une nouvelle salve a été tirée début mai à l’occasion d’interviews sur BFM le 4 mai et dans le Journal du Dimanche du 2 mai.  

Quatre assertions sont développées, toutes quatre mensongères ou tronquées:

1/ “Les paris hippiques décroissaient de – 3% à – 4% par an depuis 2010” (BFM)
 C’est faux, car la décroissance moyenne des paris hippiques a été de – 0,4% par an entre 2010 et 2018 avec même trois années de croissance: 2011, 2012 et 2017.
De la même façon entre 2000 et 2009, les paris hippiques ont connu une belle croissance grâce à l’augmentation de l’offre de courses, stratégie menée par Bertrand Bélinguier, avec l’appui de D. de Bellaigue, J-L. Lagardère puis E. de Rothschild.
Ce sont plutôt les années 2018 et 2019 qui ont connu une plus forte décroissance avec 
– 2,6% en 2018 et – 0,7% en 2019 (décroissance limitée grâce à une hausse du taux de retour joueurs sur certains paris, favorisant le recyclage des gains), alors que le Covid ne sévissait pas encore.
Et pourtant dans l’interview de BFM, le PMU déclare avoir redressé le chiffre d’affaires….

2/ “Pour retrouver les 650 m€ de résultat que le PMU dégageait il y a quelques années“ (Journal du Dimanche)
650 m€, c’était en 2007…
Or de 2010 à 2014, le PMU a délivré à la filière hippique un résultat net en moyenne de 847m€ par an avec un pic à 876M€ en 2011.
De 2015 à 2017, le résultat net du PMU a été en moyenne de 800m€, à comparer avec 780m€ (hors éléments exceptionnels) en 2018 et 760m€ en 2019.
En clair les deux plus mauvaises années de la décennie en matière de financement de la filière ont été 2018 et 2019, qui, en revanche, étaient de très bonnes années sur le plan économique en France.

3/ “Depuis le lancement du pari sportif en 2010, 140 m€ ont été perdus” (Journal du Dimanche)
Cette information inventée par Equistratis et reprise par le PMU n’a jamais été argumentée et démontrée.
Les faits sont bien différents.
Le PMU avait conquis entre 2011 et 2014 de 20% à 25% du marché des paris sportifs en ligne ce qui générait une contribution positive (PBJ des paris sportifs moins coûts directs des paris sportifs).
Le succès de la diversification du PMU dans les paris sportifs a eu un effet d’entraînement sur les paris hippiques, qui ont affiché une croissance moyenne de 2,5% par an entre 2010 et 2012

4/ “Le PMU a réduit ses coûts de plus de 400 m€ ” (JDD, BFM, …)
Je ne conteste pas le travail accompli par les équipes du PMU ces dernières années (2016 à 2020) pour réduire les coûts.
Mais ces 400 m€ d’économies sont-ils calculés en cumulé sur 4 années, 2018 à 2021?
Quelles ont été les économies réalisées en 2019 et 2020? 
Intègrent-elles les réductions de fiscalité, la diminution temporaire des commissions de points de vente liées à la baisse des enjeux ou à l’impact du Covid?
Compte-t-on les économies liées au chômage partiel face au Covid?
À combien se sont montées les économies en 2019, dernière année de référence sans Covid ?
Pourquoi malgré de telles économies sur les coûts du PMU, les résultats nets ont-ils été en baisse en 2018 et 2019 ?
Quelle part de ces économies vient des coupes de dépenses marketing et publicité liées à la crise du Covid ?
Autant de questions qui devraient être étudiées afin de mesurer quelles seront les charges nécessaires à la relance post Covid.
Il y a actuellement un manque de clarté sur ces points.

J’ai le sentiment que ce dénigrement systématique du passé, basé sur des données fausses, n’a pour but que de masquer la faiblesse des résultats depuis 2018, conséquences de diverses erreurs stratégiques.
La filière hippique connaît un affaissement de son financement depuis 2018.
Le Covid n’a fait qu’aggraver une situation déjà abîmée depuis 3 ans.
Le PMU a bien réagi à l’arrêt des courses, au confinement et à la fermeture des points de vente en 2020.
L’arrêt des dépenses publicitaires, de sponsoring, l’usage massif du chômage partiel ont permis d’abaisser sensiblement les coûts de structure et d’obtenir un résultat net de 640M€.
Mais le PMU et les paris hippiques perdent pied face à la Française des Jeux et aux paris sportifs et le rebond à des niveaux similaires à 2010 – 2014 est plus qu’improbable avec la politique menée et la montée en puissance de la concurrence.
Il y a deux façons de mesurer la performance d’une entreprise : par rapport à sa propre performance lors des années précédentes et par rapport à ses concurrents.
En 2020, le PMU s’est félicité de la forte croissance de ses paris hippiques en ligne : + 30%.
Cette performance n’a rien d’exceptionnelle sur un marché des paris hippiques en ligne qui a cru de + 33% (source ANJ) et où les concurrents hippiques du PMU ont progressé de 40%.

Le PMU a perdu 1,6 points de part de marché, passant de 73,3% en 2019 à 71,7% en 2020, alors qu’il aurait dû pleinement profiter du report des parieurs des points de vente vers internet du fait de la fermeture de ces points de vente.
Les concurrents comme ZeTurf ont fait mieux que le PMU en 2020.
Ceci est d’autant plus flagrant lorsqu’on compare les résultats du PMU à ceux de la Française des Jeux.
À titre d’exemple, malgré la crise du Covid en 2020, la Française des Jeux a vu son résultat net augmenter de 6% par rapport à 2019 malgré un recul de – 6% de son PBJ (le PMU ayant vu son résultat net baisser de 120 m€).
Mais la comparaison est encore plus implacable et inquiétante si on compare les résultats du 1er trimestre 2021 des deux sociétés:
– La croissance de la FDJ (tous jeux confondus) au 1er trimestre 2021 par rapport au 1er trimestre 2019 a été de + 6% alors que sur la même période le PMU décroissait de – 12%.
– Si on compare le 1er trimestre 2021 à celui de 2020, la FDJ croît de + 12% et le PMU décroît de – 3,5%, soit plus de 15 points de croissance de différence.
– Les paris sportifs de la FDJ en points de vente progressent au 1er trimestre 2021 vs même période en 2020 de + 40% et les paris hippiques du PMU en points de vente baissent de – 18%
– Les paris sportifs de la FDJ tous canaux confondus (points de vente + internet) ont connu une croissance de + 46% alors que les paris hippiques totaux du PMU étaient en baisse de – 6,5%. 
Les paris sportifs de la FDJ ont ainsi surpassé les paris hippiques du PMU de plus de 50 points de croissance.

À ce rythme-là, dans un peu plus d’un an la FDJ prendra plus de mises sportives que le PMU de mises hippiques.
– Sur internet les paris sportifs de la FDJ sont en croissance de 85% et les loteries de 90%, alors que les paris hippiques du PMU sont à + 65% et les paris sportifs à +52%.

Cette situation a pour origine principalement trois erreurs stratégiques:
1/ L’échec de la réforme du Quinté + et la perte de joueurs occasionnels
La décroissance à deux chiffres des enjeux du Quinté + a coûté très cher au PMU et à la filière car il s’agit du pari à la plus forte marge.
Il faut entre 4 et 5 euros d’enjeux sur le Simple pour compenser la perte d’1 euro sur le Quinté +.
Le Quinté + était avec sa tirelire le rendez-vous des joueurs occasionnels qui ont été en partie perdus.
Je me souviens des périodes où les enjeux sur le Quinté + flambaient après avoir passé le cap de 7 ou 8 millions d’euros de tirelire et avec à la clé un fort impact sur le PBJ.
Il fallait réformer le Quinté + mais pas en abandonnant les joueurs du week-end et du déjeuner en semaine pour faire plaisir aux seuls turfistes experts.

2La décroissance du nombre de courses et le refus de reconnaître que les jeux d’argent sont un marché d’offre ont eu un impact négatif sur les enjeux et le résultat net du PMU, alors que les paris sportifs (avec la multiplication des événements sportifs plus les occurrences de jeux sur chaque événement) et les jeux de grattage multipliaient leurs propres offres.
La réduction du nombre de courses a augmenté virtuellement les enjeux moyens par course mais sans vraiment augmenter les enjeux sur les courses conservées par rapport à l’année précédente.
À titre d’illustration, il suffit d’éliminer les personnes de moins de dix ans dans la population française pour augmenter la moyenne d’âge des Français. 
De même il suffit de supprimer les courses à faible niveau d’enjeux (les courses étrangères sans coûts ou les courses du soir) pour augmenter mécaniquement les enjeux moyens par course. Mais les enjeux sur ces petites courses ont été en partie perdus et ne se sont pas retrouvés sur les courses restantes. 
Par ailleurs dire que plus la masse par est importante plus les rapports sont élevés tient de la légende et de la méconnaissance profonde du principe même du pari mutuel.
Sinon comment ZeTurf ferait-il pour être compétitif ?

3/ L’abandon des paris sportifs est une troisième erreur. 
Ce segment du marché des jeux est le plus actif, à commencer chez les jeunes.
Il connaît une croissance forte et a dépassé largement les paris hippiques.
Le PMU, qui avait en 2012 25% de part de marché des paris sportifs en ligne, n’en a plus que 5%.
ZeTurf a aujourd’hui dépassé le PMU en paris sportifs et connaît une croissance supérieure à celle du PMU en hippique….
Chercher les jeunes par le pari sportif et les amener vers le pari hippique ou proposer aux joueurs du PMU des paris sportifs pour éviter qu’ils aillent jouer ailleurs était une vraie stratégie de diversification profitable pour les maisons mères et l’ensemble de la filière.
On a assisté à une mise en déshérence des paris sportifs du PMU sur la base de raisonnements financiers totalement erronés
Les entreprises à succès sont celles qui investissent dans les diversifications à forte croissance et non pas celles qui détruisent une position de numéro 2 sur le segment à plus forte croissance du marché, comme, l’a fait le PMU avec les paris sportifs.
En revanche réduire l’offre de paris par course a été une bonne initiative.
Ces erreurs coûtent cher et risquent de coûter encore plus cher à la filière dans le futur.
La baisse des allocations entraîne probablement déjà une baisse du nombre de partants (comme en témoigne la difficulté d’avoir assez de partants pour les Quinté + de Vincennes ces dernières semaines) avec pour conséquence une baisse des enjeux puis du résultat net puis d’autres baisses de charges et d’allocations, et ainsi de suite…
Un cercle vicieux dont il faut sortir absolument.
Le PMU vit aujourd’hui sous la perfusion du chômage partiel.
Dans la situation actuelle et hors Covid, je ne crois pas au retour du résultat net du PMU au-dessus de 800 voire 750M€.
Les charges de personnel et les commissions des points de vente vont mécaniquement remonter au rythme des enjeux.
Il va falloir relancer la communication, la publicité et les actions promotionnelles.
Les charges vont donc augmenter et impacter directement le résultat net.
La solution ne passera pas par la croissance du Simple dont la marge nette sera toujours très faible, tant que la fiscalité sera sur les enjeux.

Afin de limiter cette descente inéluctable, il faut tout d’abord réparer ce qui a été cassé:

1/ Augmenter à nouveau le nombre de courses, y compris avec des courses étrangères qui ne coûtent rien à la filière, et occuper le terrain des paris comme dans un jeu de go. 
Je me réjouis de voir actuellement une augmentation du nombre de réunions et ainsi un retour progressif au bon sens.
Mais que de temps et surtout de millions d’euros perdus pour la filière.

2/ Relancer un Quinté + avec une tirelire qui augmente graduellement. 
La tirelire événementielle ne dure qu’un jour et ne permet pas de récupérer les égarés.
La montée croissante sur plusieurs semaines incite à jouer.
Il faut profiter de la réouverture des points de vente et des hippodromes en créant l’événement.
Le PMU sait faire, c’est une question de lucidité face à la réalité du marché des jeux.

3/ Lancer de nouveaux paris et innover.
Le PMU a annoncé le lancement de deux nouveaux jeux en 2021.
Tant mieux et j’espère qu’ils seront “disruptifs” et rencontreront un réel succès.
En revanche je crains que le retour en force sur les paris sportifs ne soit trop coûteux. Arrêter serait une erreur.
Les maintenir avec des objectifs de croissance profitable et la mise en place de synergies avec le hippique est indispensable.
Ces mesures peuvent apporter des résultats rapides et permettre au PMU d’être proche des 800M€ de résultat net en 2022, essentiels à la survie de la filière hippique.
Mais est-ce suffisant ?

Je pense qu’à un moment il faudra mener aussi une réflexion “out of the box” et oser penser à des options “politiquement incorrectes”: 

1/ Des paris hippiques à cote fixe avec bien sûr la mise en place d’une taxe affectée sur les enjeux au bénéfice de la filière.
Le pari à cote fixe est plus facile à s’approprier pour les jeunes habitués aux paris sportifs.

2/ Étudier l’impact d’une adaptation du monopole des paris hippiques du PMU avec mise en place d’une taxe affectée élevée sur les enjeux des concurrents en points de vente.
La concurrence crée toujours de la demande et même si la loi l’interdit aujourd’hui une réflexion sur ce sujet pourrait être intéressante

3/ Innover dans la présentation des courses et des paris, surprendre et susciter l’intérêt.
Le champ des possibles s’élargit avec les nouveaux médias, les nouvelles technologies (réalité virtuelle, intelligence artificielle, marketing prédictif, …)

4/ Faire évoluer la gouvernance et les statuts du PMU pour sécuriser et renforcer le contrôle du PMU par la filière

Pardon d’avoir été long, mais tout ceci est proportionnel à l’intérêt que je porte à vos métiers et au futur d’une filière française d’excellence qui reste une des plus belles au monde.
Vous êtes les “actionnaires” du PMU, vous êtes ceux qui peuvent peser sur son destin, et donc sur le vôtre.
Ne vous laissez pas abuser par des informations parcellaires, par un dénigrement systématique des années passées qui masque les faiblesses actuelles.
Questionnez, challengez, comparez, débattez les choix du PMU, …

L’avenir de vos métiers et de la filière est en jeu.
Je suis à votre disposition pour toute explication complémentaire ou rencontre.
Philippe Germond

Du positif dans les points de vente PMU

23 millions d’euros joués sur les courses hippiques au PMU le dernier dimanche du mois : c’est assez bon. La recette pour y arriver : une offre nettement supérieure, avec notamment une réunion de plus et un meilleur positionnement des réunions (les semi-nocturnes des mardis et vendredis à Vincennes sont bien meilleures que les nocturnes).
ParisLongchamp, avec ses neuf courses (vs 8 dans la réunion de référence en 2019) est en légère baisse. Le million d’euros d’enjeux de la réunion allemande (Düsseldorf) fait du bien. La recette moyenne journalière de la semaine écoulée s’élève à près de 21,5 millions d’euros, soit un million de plus que la précédente. A noter que mercredi et jeudi derniers, les enjeux en ligne ont plafonné à 2,5 millions d’euros, ce qui placent ces journées parmi les plus mauvaises depuis le début de l’année. Explication : depuis l’ouverture des terrasses (le 19 mai), les turfistes reprennent leurs habitudes dans les points de vente, à l’image de samedi dernier où près de 20,5 millions d’euros ont été misés « off line ».

PMU : les matelassiers frappent deux fois à Mons

Habiles, les GPI et matelassiers ! Mardi, à Mons (réunion 5), ils ont « attaqué » deux courses, en simple placé, en sélectionnant deux trotteurs offrant un maximum de garanties.
Ils ont joué près de 400.000 euros sur Kolin de la Futaie (290000 euros en ligne et 100.000 euros dans le réseau physique), gagnant d’une course dotée de seulement 2.500 euros à se partager entre les 7 premiers. On imagine bien les tentations malveillantes que peuvent engendrer de telles allocations. Quoi qu’il en soit, avec près de 90% des enjeux sur le même cheval, les trois premiers ont rapporté 1,05 euro pour 1 euro placé, soit le rapport minimum garanti par le PMU.
L’autre trotteur objet des convoitises de ces opportunistes fut Rapide Yoda, deuxième d’une course offerte uniquement « en ligne » opposant des drivers amateurs (!). Des conditions de courses qui n’ont pas empêché les matelassiers de parier 215.000 euros en simple placé sur ce cheval. Comme les mises sur les trois premiers se sont élevées à 222.000 euros sur 228.000 euros d’enjeux placés au total, le PMU a dû remettre au pot payer 1,05 aux gagnants.
Bien sûr, il existe toujours un risque en misant sur un « coup sûr », mais pourquoi déroger au principe du mutuel en garantissant un rapport minimum qui ne profite qu’aux riches ?
Même s’il ne faut pas confondre chiffre d’affaires et bénéfice, la journée de mardi (environ 21 millions d’euros, soit une petite baisse au regard du programme de référence) est bonne, non pas grâce aux enjeux artificiels de Mons, mais par la bonne tenue de Compiègne (une course de moins vs 2019) et surtout de Vincennes (une épreuve de plus…), en hausse de 50% !


Du beau spectacle mais des enjeux décevants

La généreuse offre de dimanche n’a pas permis de générer bons enjeux

Il s’est joué 20,3 millions d’euros par jour en moyenne la semaine dernière, soit une recette décevante compte tenu des affiches (Ducs de Normandie à Caen et week-end de gala à Auteuil, avec son Grand Steeple). Certes, l’obstacle ne fait (malheureusement) pas recette mais on pouvait s’attendre à mieux avec la réouverture des terrasses dès mercredi dernier (quelques points PMU ont ainsi pu revoir leurs clients) et surtout une augmentation importante de l’offre (trois réunions françaises de plus le week-end dernier qu’en 2019 !). Deux explications peuvent être retenues : l’approche de la fin de mois (les turfistes n’épargnent visiblement pas !) et le « pont » de la Pentecôte.
Mercredi, à Caen, première désillusion avec une réunion en baisse de 10% malgré l’ouverture des bars PMU avec terrasse. La course « marketée » (St Léger des trotteurs) n’a apporté grand-chose, comme depuis le début des « Sulky Summer » et « Etrier Summer ». Voici d’ailleurs le bilan qu’un observateur averti m’a transmis : + 26% (6 partants vs 10 en 2021), -35%, -49%, -21%, -11 %, -32%, -16%, -53%, -17%, +10%.
Dimanche 23 mai, jour du Grand Steeple, avec 5 réunions françaises, moins de 22 millions ont été enregistrés, avec un « Auteuil » qui décroche de plus de 20% du fait de la concurrence des autres champs de courses. On peut reparler de saturation.
Il est important de rappeler que le pari mutuel supporte difficilement l’augmentation de l’offre sans apport de nouveaux clients. Le fait de jouer en « circuit de plus en plus fermé », avec des mises qui s’éparpillent, a pour conséquence de générer des rapports dissuasifs en cas d’arrivée de favoris. Mercredi, à Caen, le e.quinté ordre a été payé 630 euros et le désordre 7,40 euros, pour deux euros ; vendredi le e-quinté ordre a rapporté 562,60 euros et le désordre 6,8 euros ( !), toujours pour deux euros. Il est loin le temps où le jeu phare du PMU faisait rêver.  Aujourd’hui, les matelassiers et GPI (Grands Parieurs Internationaux) pèsent sur le chiffre d’affaires du PMU, mais ils sapent le moral des fidèles et modestes parieurs. Les amateurs de loterie ont compris que seuls la FDJ pouvaient changer leur vie, les jeunes, tournés vers les paris sportifs et leurs cotes fixes, n’ont guère d’attrait pour le dada de papy, médiatisé uniquement lors affaires de dopage ou de viol. Sans jouer les Cassandre, le bilan du PMU n’est pas aussi glorieux qu’on a pu l’entendre sur BFM Business. Le sophisme, aussi habile soit-il, ne doit pas occulter le manque de renouvellement des parieurs. Espérons que les deux nouveaux jeux du PMU qui devraient voir le jour cette année soient à la hauteur des attentes.
Retenons quand même deux motifs de satisfaction : les plus de 23 millions d’euros misés samedi et un mardi à Vincennes largement positif, avec il est vrai une course de plus que la réunion de référence.

On ne joue pas en terrasse

L’ouverture des terrasses, la fin du Ramadan et l’affiche des Ducs de Normandie n’ont permis au PMU de dépasser les 20 millions d’euros, mercredi dernier. -10% par rapport à la journée de référence, et ce malgré de bons chiffres au Croisé-Laroche (on ne crache pas aujourd’hui sur une réunion de semaine sans quinté à 3 millions d’euros).
Depuis le début de la semaine, c’est la troisième journée sous les 20 millions et sous les 3 millions « en ligne » (on est loin des 4,2 millions du mercredi 17 mars).

21,3 millions d’enjeux moyens et des parieurs adroits

Enjeux on line du Prix Guillaume de Bellaigue, enlevé par le grand favori Clegs des Champs.

Une assez bonne semaine pour le PMU mais encore meilleure pour les matelassiers, qui ont fait un carton plein. Avec 21,3 millions d’euros en moyenne, la semaine dernière a été très correcte, compte tenu de la conjoncture toujours défavorable (fin du Ramadan en milieu de semaine et réseau physique amputé de points de vente). Il faut noter la bonne tenue de la réunion de vendredi dernier à Vincennes (11,5 millions d’euros, malgré sept courses seulement). Et sur la réunion du lundi 10 à Saint-Cloud, les joueurs ont davantage misé que sur la réunion de référence. Les matelassiers en ont d’ailleurs profité pour débuter leur bonne semaine en jouant sur Alessandro, payé 1,05. Mercredi 12, journée la plus faible (impactée par un problème de retard de paiement), les amateurs de grands favoris ont jeté leur dévolu (120.000 euros en simple placé !) en Allemagne, sur une course exclusive internet, remporté par Kansas Dream, payé 1,05 comme son dauphin… Ces mêmes gros joueurs, pluridisciplinaires, n’ont pas tremblé samedi à Vincennes, avec Gaspar de Brion, mais surtout Clegs des Champs (237.000 euros de mises sur ses chances en simple placé uniquement en ligne !). Dimanche, ils ont joué plus en retenue sur le pur sang arabe Hattal, payé tout de même 1,05. Une plue-value de 5% en temps de crise, cela ne se refuse pas.